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mercredi 25 avril 2012

Recyclage : un projet européen pour identifier les meilleurs leviers d'action


Le projet européen Regions for recycling (R4R), piloté par l'Ordif, vise à comparer 

les performances de recyclage de différentes collectivités locales de l'UE 

afin d'identifier les meilleures pratiques.


Quelle est la différence entre la région flamande (Belgique) et la Bulgarie ?
La première affiche un taux de collecte sélective de 70 % quand la seconde est à zéro.
L'objectif européen à 2020 est à 50 % de recyclage des déchets ménagers.

"Si en théorie, tout le monde dispose des mêmes outils en Europe en matière de 
gestion des déchets, lesdisparités sont très importantes. Il existe tout un arsenal 
juridique en matière de gestion des déchets mais il y a  un réel fossé dans leur 
mise en œuvre", observe Olivier De Clerq, secrétaire général d'ACR+
(association des villes et des régions pour le recyclage et la gestion durable des ressources).

C'est pourquoi, 13 partenaires européens spécialisés dans la gestion des déchets
sur un territoire se sont réunis au sein du projet Regions for recycling (R4R),
lancé le 18 avril pour trois ans dans le cadre du projet Interreg IVC, afin d'analyser
ce que cachent ces différences statistiques, ce qui les explique et de tirer les territoires
vers le haut en identifiant les meilleurs pratiques et outils. Le projet est piloté
par l'Observatoire régional des déchets en Ile-de-France (Ordif).

"L'objectif est d'associer au sein du même programme les pays les plus avancés 
dans ce domaine et les pays qui n'ont pas les mêmes stratégies en matière 
de déchets ou le même développement économique", indique Eric Chevaillier,
président de l'Ordif.

Mettre à plat les statistiques

Le projet R4R s'appuiera sur l'observatoire décentralisé des performances de recyclage
lancé en 2010 par ACR+. Celui-ci a mis en commun les données de 25 territoires
en se basant sur une terminologie commune. Il s'agira pour R4R de proposer une trame
commune pour la collecte des données locales sur les déchets, de collecter également
des données sur les facteurs extérieurs (densité, type d'habitat,
données socio-économiques…) et de définir des territoires comparables avant de créer
un outil en ligne qui sera mis à disposition des collectivités européennes.

Cette collecte de données permettra d'abord d'affiner les statistiques existantes
"R4R va travailler à une échelle locale, ce qui permettra de fournir des éléments 
qui ne transparaissent pas dans les statistiques nationales", indique Jean-Benoît Bel,
coordinateur du projet pour l'Ordif. "Au niveau d'Eurostat, qui fournit des données 
sur la gestion des déchets pour toute l'Union européenne, il y a des difficultés 
de comparaison : toutes les données ne sont pas collectées selon le même code. 
En 2010, la Bulgarie affichait un taux de recyclage de 0 % alors que dans les faits, 
on sait que le recyclage n'y est pas absent, il existe des filières de recyclage du métal, 
du verre… Le but est d'aller au plus proche de la réalité de la gestion de déchets 
à l'échelle locale, pour avoir les chiffres les plus précis", précise Olivier De Clerq.
L'objectif de R4R est donc d'abord "de disposer de statistiques claires pour que 
chacun parle de la même chose".

Identifier les meilleures pratiques

Une fois ces données collectées, elles pourront être comparées. "Il apparaît important 
de pouvoir comparer ce qui est comparable. Autrement dit, comparer l'Ile-de-France, 
qui affiche un taux de collecte sélective de 30 %, avec les grandes métropoles européennes 
plutôt qu'avec des régions françaises qui n'ont pas le même développement économique,
souligne Eric Chevaillier. Ensuite, derrière les statistiques, il y a les pratiques. 
Une fois que l'on aura identifié les zones qui performent, nous pourrons voir 
ce qui fonctionne réellement, dans quel contexte …".

D'ores et déjà, la région de Flandres, dont la société publique des déchets (Ovam)
participe au programme, apparaît comme le bon élève, avec ses 70 % de collecte
sélective en 2010.
L'un de ses représentants, Jan Verheyen, explique ces bons résultats :
"En trente ans, notre façon de traiter les déchets s'est totalement modifiée. 
En 1981, l'objectif était d'assainir et de gérer, aujourd'hui, il est de réduire et 
de prévenir".
Cette région de 6,3 millions d'habitants a réduit depuis 1990 la quantité de
déchets produits, a fait évoluer son taux de recyclage de 18 % à 70 % et 
met aujourd'hui moins de 1 % du volume produit en décharge. 

"Les clés du succès sont un bon cadre législatif et organisationnel, la réaffirmation 
du rôle central des municipalités malgré la fixation d'objectifs régionaux, 
la priorité mise sur la prévention avec le soutien à un réseau local de réemploi, 
la mise en place de taxes pour la mise en décharge et l'incinération, 
l'application du principe pollueur-payeur avec des tarifs différenciés 
selon le type de déchets collectés et enfin, l'obligation permanente de communiquer".
Plus récemment, en 2011, un décret a été publié sur la gestion durable des matériaux :
"Il s'agit de faire en sorte que nos déchets d'aujourd'hui soient nos matières premières 
de demain".

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